Ouest-France – Innovation. Solandy West fabrique des semelles de chaussures avec des coquilles d’huîtres

Itinéraire d’un entrepreneur

Eric Mariotto, originaire de Toulouse, s’est installé en Bretagne en 1999 lorsqu’il a embrassé une carrière dans l’Armée. Entre 2002 et 2016, il a travaillé pour Naval Group, « dans de nombreux services ».Époque où l’activité de Naval Group fléchit. De quoi donner envie à Eric Mariotto de réfléchir à une nouvelle activité professionnelle.

Un tournant

Issu d’une famille d’entrepreneurs, Eric s’était toujours dit que, lui aussi, un jour, tenterait l’aventure. Ce tournant, il le prend en 2016. Il cherche d’abord du côté des reprises, mais ne trouve pas finalement. « Passionné par la course à pied, j’avais observé des blessures à force de frottements. J’ai commencé à imaginer une semelle, mener des analyses. » Surtout fin 2017, il rencontre l’équipe de Composi’TIC, la plateforme technologique pour la mise en oeuvre des composites innovants, de l’Université Bretagne-sud. « Ils m’ont beaucoup aidé, et c’est ensemble que nous sommes arrivés à cette semelle à base de coquille d’huîtres. Avec eux, j’ai vu que c’était possible. »

Limiter le calcaire

Eric Mariotto voit des produits arrivés des États-Unis, de Belgique. « Je savais qu’on avait les compétences ici à Lorient et plus largement dans l’Ouest pour réussir à concevoir une semelle concurrente. » Et c’est gagné. Grâce aux études menées par Solandy West, Composi’TIC, Eric Mariotto est parvenu à concevoir une semelle sur mesure qui contient 20 % de poudre de coquille d’huîtres. « Cela fait toujours ça de moins en calcaire, qui est une industrie très polluante. »

Filament éco-responsable

À l’origine du filament qui est utilisé par les imprimantes 3D ? L’Usine de Kervellerin qui traite 4 000 t de coquilles d’huîtres par an pour en faire de la poudre. Elixance, entreprise d’Elven, près de Vannes (Morbihan), spécialisée dans la fabrication de granules et Nanovia (22) qui conçoit des filaments pour imprimante 3D.

Semelle sur mesure neutre

La commercialisation de la semelle vient de débuter. Elle s’adresse à tous les sportifs, pas forcément de haut niveau, qui cherchent à améliorer leur confort dans leur pratique sportive. « Nous avons d’abord travaillé sur la course et la marche, mais d’ici six mois nous serons en mesure de proposer une semelle pour la pratique du vélo. » Le magasin Running conseil, à Lorient, est le premier magasin à être équipé. « Angers et Cholet sont en phase de tests. »

Des tests biomécaniques ont étés menés à Rennes. | Solandy West

De nombreux tests

Pour élaborer son produit, l’entrepreneur a mené de nombreux tests avec les conseils de sportifs de haut niveau, dans un centre de biomécanique, à Rennes (Ille-et-Vilaine). « Leurs commentaires étaient très pointus, avec des remarques très techniques. Cela a permis de faire évoluer la semelle. » À l’aide de capteur, les tests ont par exemple permis de vérifier que la semelle ne modifiait pas la foulée.

Ces imprimantes 3D sont programmées pour limiter l’utilisation de matière. | Ouest-France

Rampe de lancement

Eric Mariotto compte bien s’enrichir de l’écosystème du parc technologique de Soye pendant encore plusieurs mois. « J’ai été très accompagné par la Région, BPI, Lorient technopole, salue-t-il. Il faudra penser au développement, pour le moment il est possible en restant ici. » Solandy West vient de rejoindre le réseau Run green, une franchise dans le domaine de la course à pied. De quoi donner de l’élan.

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